
Jean-Luc Mélenchon le nouveau croquemitaine ?
Par YSA, 5 mai 2025, Màj 03 juillet 2025
Un score aux élections à faire peur
Allez savoir pourquoi, en France, dès qu’un mouvement politique bouscule l’ordre établi sans faire allégeance aux codes bien-pensants du cercle médiatico-politique, il devient automatiquement un danger public. LFI et son leader, Jean-Luc Mélenchon, en font aujourd’hui les frais. Haro sur Mélenchon, haro sur les insoumis, à qui l’on colle sans relâche l’étiquette « extrême gauche », comme si les faits n’avaient plus la moindre importance.
Selon les critères même de la DGSI — pas franchement réputée pour sa tendresse envers les mouvements subversifs — LFI n’est pas classée extrême gauche. Mais peu importe : à force de répéter un mensonge, il finit toujours par prendre des airs de vérité. Les mots « danger », « radicalisation », « ambiguïtés » sont ainsi servis à toutes les sauces, pendant que les vrais violents — ceux qui frappent, tuent, menacent — passent à travers les gouttes, tant qu’ils ne s’en prennent pas au pouvoir ou aux intérêts dominants.
Le score de 22 % à la présidentielle, lui, n’a pas été digéré. C’est bien là que le bât blesse. Un quart du pays qui refuse de jouer le jeu, ça inquiète. Et quand LFI prend des positions indépendantes après le 7 octobre, refuse de marcher droit derrière le récit dominant, ça devient insupportable. Là, on sort l’artillerie lourde. Les relais français de la diplomatie israélienne — appelons un chat un chat, et un lobby un lobby — n’ont pas lésiné. On a vu des tribunes, des chroniques, des « analyses » où la nuance était absente, mais le fiel bien présent.
Et le mensonge, bien organisé.
Des contre-vérités grossières ont été documentées, point par point. Aucune rectification en une. Pas d’enquête en retour. Silence radio dans les grands médias. Pourquoi se tirer une balle dans le pied quand on vient tout juste de construire une belle narration ? Pourquoi dire la vérité quand elle contredit si bien les mensonges qu’on a déjà vendus ?
Libé, Le Point, L’Express… Chacun sa ligne, chacun son camp, mais tous unis dans une détestation commune. Certes, Libé s’est montré un peu plus nuancé — drôle, quand on sait que le journal est aujourd’hui dirigé par un ancien officier du renseignement (FID, unité 8200*). Belle reconversion, non ? Quant on sait que naguère les sources (Humint) étaient surnommés ‘journalistes’.
Résultat ? Un nouveau (pseudo) livre-enquête, « La meute », qui fleure bon la pantalonnade, comme l’aurait dit Pasqua. Une enquête soi-disant sérieuse, en réalité totalement à charge, servie par deux journalistes dont on gagnerait à examiner le pedigree avec autant d’ardeur que celui de leurs cibles.
Mais qu’on se rassure : la mise au pilori continue. Parce qu’en France, plus on vote pour une alternative politique, plus on vous l’explique : ce n’est pas la bonne.
« Not in my name ! »*
[Màj 03 juillet 2025] Depuis l’automne 2023, à la suite du terrible drame du 7 octobre, une campagne soutenue contre LFI s’est amplifiée, sur fond de hasbara*, pour leur accoler l’étiquette d’antisémite, nourrie par divers incidents médiatisés et exploitée politiquement lors des législatives de 2024. La dynamique ne s’est pas interrompue : après un nouvel épisode le 1er mai 2025 (tweet d’Aly Diouara), le point culminant survient le 2 juillet 2025, lorsque LFI dénonce publiquement « l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme », accusant une loi adoptée de cibler surtout les mobilisations pro-Palestine, plutôt que de combattre réellement l’antisémitisme. Un loi qui a été voté en réalité grâce à un artifice législatif.Car, et c’est là un fait, un amalgame est volontairement fait entre antisémitisme et antisionisme, entre antisémitisme et anti politique du gouvernement actuel. Au point où même des juifs, y compris des israéliens, sont traités d’antisémites. Et même la France, notamment son président, sont accusés de ne rien faire pour lutter contre ce phénomène d’antisémitisme. Alors que dans d’autres pays, y compris en Israël avant le 7 octobre, on trouvait qu’ils en faisaient vraiment parfois trop. « En France, on ne peut pas dire certaines choses, faire certaines critiques, alors qu’en Israël, oui ! », me disait naguère un ami, ancien officier.
Note
Libé : Dov Alfon, Unité 8200, Éditions Liana Levi, 2019. Existe en Folio Poche.
Not in my name : « Pas en mon nom ! », slogan de désolidarisation, utilisé pour affirmer que des actes ou politiques menés par un État ou un groupe ne sauraient être commis en son nom.
Hasbara : Terme hébreu signifiant « explication », employé pour désigner la propagande officielle de l’État d’Israël et de ses relais, visant à justifier ses actions et à influencer l’opinion internationale. Souvent au prix de déformations, d’occultations ou/et de mensonges, comme tous les observateurs voire experts honnêtes ont pu le constater, sur la base de faits documentés.
Informer
ℹ️ Ducksee.com est un média indépendant édité depuis les États-Unis par ADPI News & Publishing. Protégé par le Premier Amendement et la Section 230 du Communications Decency Act, il garantit la liberté d’expression, la protection des sources et une information rigoureuse.
Vous souhaitez informer ?
Ecrivez-nous !
Articles récents
- Quand Bolloré prêche la chrétienté et tait la persécution des chrétiens
- Que se passe-t-il chez Orange Professionnel, mais pas seulement ?
- Chronique d’une mort annoncée
- Loi Duplomb retoquée partiellement par le Conseil Constitutionnel en France
- Guadeloupe, des tortues sacrifiées pour un festival de musique ?

