
Cachemire : l’attentat de Pahalgam symptôme d’une politique de tension

Une manifestante cachemirie défie un policier lors de restrictions imposées à Srinagar, capitale du Jammu-et-Cachemire, en 2017. © Photo de Ieshan Wani, publiée sur GlobalVoices.org*
Le 22 avril 2025, la vallée de Baisaran, près de Pahalgam, a été le théâtre d’une attaque sanglante. Vingt-cinq touristes indiens et un ressortissant népalais ont été abattus par des hommes armés. Un groupe inconnu, « Kashmir Resistance », aurait revendiqué l’attaque, affirmant vouloir dénoncer la politique de peuplement menée en catimini par New Delhi dans la région.
Depuis la révocation unilatérale de l’autonomie du Jammu-et-Cachemire en août 2019, le gouvernement de Narendra Modi (BJP, nationalistes hindous radicaux) a renforcé sa mainmise sur la région : militarisation accrue, blackout numérique, détentions arbitraires, musellement des médias, pression constante sur les ONG. La répression s’est intensifiée, notamment envers la population musulmane majoritaire.
Le BJP, actuellement au pouvoir, constitue le bras politique du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), une organisation nationaliste hindoue fondée en 1925. Certains de ses idéologues fondateurs ont d’ailleurs ouvertement exprimé leur admiration pour les méthodes d’organisation du fascisme italien et du nazisme allemand — en particulier M.S. Golwalkar, qui écrivait dans les années 1930 : « […] l’Allemagne a montré comment un orgueil racial peut préserver une culture. »
Cet héritage idéologique transparaît aujourd’hui dans une stratégie de transformation démographique du Cachemire, visant à y faciliter l’installation de populations hindoues non originaires. Une politique que d’aucuns n’hésitent pas à comparer à celle mise en œuvre par Pékin au Tibet.
L’attentat de Pahalgam s’inscrit dans une escalade des tensions indo-pakistanaises. L’Inde accuse le Pakistan de soutenir les groupes armés, tandis qu’Islamabad nie toute implication. En réponse, New Delhi a suspendu le traité de partage des eaux de l’Indus et renforcé ses dispositifs militaires. Islamabad a averti qu’une altération du flux du fleuve serait perçue comme un acte de guerre.
Ce drame met crûment en lumière les effets délétères d’une politique centralisatrice, autoritaire et identitaire. Loin d’apaiser, elle attise rancœurs et désespoir. La population cachemirie, déjà traumatisée, se retrouve une fois de plus prise au piège entre répression d’État et violence armée.
Il est urgent que l’Inde rompe avec cette spirale de domination et engage un véritable dialogue, respectueux des droits fondamentaux et des réalités historiques du Cachemire. Faute de quoi, la région — et au-delà, le sous-continent — risque de s’enfoncer dans une instabilité durable.
Mais cela reste, hélas, de l’ordre du vœu pieux.
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